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Mise en situation au travail à l'examen civique : 6 cas expliqués

Mise en situation au travail à l'examen civique : 6 cas expliqués (travail au noir, heures sup, droit de retrait, syndicat) et la méthode pour répondre.

Rédaction Civique FR · · 7 min de lecture

Mise en situation au travail à l'examen civique : 6 cas expliqués

Sur les 40 questions de l'examen civique, 12 sont des mises en situation : une scène de la vie courante, et vous devez choisir la bonne réaction. Le travail est l'un des décors les plus fréquents, parce qu'il touche à la fois aux droits (salaire, sécurité, égalité) et aux devoirs (déclarer son activité, respecter les règles). Cet article explique six mises en situation au travail, avec la règle qui donne la bonne réponse. Il prolonge notre guide sur les mises en situation de l'examen civique, qui présente la méthode générale.

Avant de commencer, faites le diagnostic gratuit naturalisation pour voir comment vous réagissez aux questions pratiques. Civique FR est un outil d'entraînement indépendant, sans lien avec le ministère de l'Intérieur.

Qu'est-ce qu'une mise en situation au travail ?

Une mise en situation au travail est une question de l'examen civique qui décrit une scène professionnelle (un contrat, un horaire, un danger, un recrutement) et vous demande la réaction conforme à la loi. Elle appartient le plus souvent au thème « Droits et devoirs », qui compte 6 mises en situation sur 40 questions ; les 6 autres portent sur les principes et valeurs de la République, selon l'arrêté du 10 octobre 2025.

Ces questions ne sont pas publiées par le ministère. On ne peut donc pas les apprendre par cœur : il faut connaître les règles de base et savoir les appliquer.

Les règles de base du travail en France

Les mises en situation au travail reposent toutes sur quelques règles simples du Code du travail et de la Constitution. Si vous les connaissez, vous éliminez vite les mauvaises réponses.

Règle L'essentiel
Durée légale 35 heures par semaine pour un temps plein
Heures supplémentaires Au-delà de 35 heures : payées avec une majoration ou récupérées
Durées maximales En principe 10 heures par jour et 48 heures par semaine
Salaire minimum Le SMIC : personne ne peut être payé moins
Congés payés 5 semaines par an (2,5 jours ouvrables par mois travaillé)
Bulletin de paie Remis à chaque paie ; à conserver
Égalité Aucune discrimination ; même salaire pour un travail de même valeur
Sécurité L'employeur protège la santé des salariés ; droit de retrait en cas de danger grave
Libertés collectives Droit syndical et droit de grève (Préambule de 1946)

Le droit de grève et le droit syndical viennent du Préambule de la Constitution de 1946. Les autres règles sont dans le Code du travail. Les fiches officielles Emploi de la formation civique les présentent gratuitement.

À retenir : à l'examen, la bonne réponse est presque toujours celle qui respecte la loi, protège la personne et passe par les bons interlocuteurs (employeur, représentants du personnel, inspection du travail, prud'hommes).

Les 6 cas expliqués

Les six cas suivants couvrent les situations de travail les plus fréquentes. Ce sont sont des exemples originaux, construits sur les règles officielles.

Cas 1 : le travail au noir

Un restaurant vous propose de travailler le week-end, payé en espèces, sans contrat ni bulletin de paie. Le patron dit que « tout le monde fait comme ça ». Que faites-vous ?

Bonne réaction : refuser, ou demander à être déclaré.

Pourquoi : le travail non déclaré, appelé « travail au noir », est illégal, pour l'employeur comme pour le salarié. Il vous prive aussi de vos droits : pas d'assurance maladie liée au travail, pas de cotisations pour la retraite, pas d'allocations chômage, aucune protection en cas d'accident. Pour une personne étrangère, travailler sans déclaration peut aussi poser problème pour son titre de séjour.

Piège : « Accepter, car c'est seulement le week-end. » La durée ne change rien.

Cas 2 : les heures supplémentaires non payées

Votre contrat prévoit 35 heures. Depuis deux mois, votre chef vous demande de rester 5 heures de plus chaque semaine, sans les payer ni les récupérer.

Bonne réaction : en parler à votre employeur, puis, si rien ne change, aux représentants du personnel ou à l'inspection du travail. En dernier recours, le conseil de prud'hommes peut ordonner le paiement.

Pourquoi : les heures au-delà de 35 heures sont des heures supplémentaires. L'employeur doit les payer ou permettre de les récupérer, selon la fiche officielle « Le droit au travail » de la formation civique.

Piège : « Ne rien dire pour ne pas perdre son emploi. » Réclamer un droit n'est pas une faute, et un salarié ne peut pas être sanctionné pour cela.

Cas 3 : le danger sur le chantier

Sur un chantier, l'échafaudage bouge et il manque les protections. Votre chef vous demande de monter quand même.

Bonne réaction : prévenir l'employeur du danger et refuser de monter tant que la situation n'est pas sûre.

Pourquoi : c'est le droit de retrait. Un salarié peut quitter ou refuser une situation de travail s'il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Il doit alerter l'employeur. Il ne peut pas être sanctionné ni perdre son salaire pour un retrait justifié.

Piège : confondre le droit de retrait avec la grève. Le droit de retrait est individuel et lié à un danger ; la grève est un arrêt collectif pour des revendications.

Cas 4 : la discrimination à l'embauche

Votre amie a les mêmes diplômes et la même expérience qu'un autre candidat. Le recruteur lui dit qu'il préfère « éviter les femmes voilées » et ne la retient pas.

Bonne réaction : signaler cette discrimination au Défenseur des droits, ou porter plainte.

Pourquoi : refuser un emploi à cause de la religion, de l'origine, du sexe, du handicap ou de l'orientation sexuelle est une discrimination. C'est un délit. La neutralité religieuse stricte s'applique aux agents publics, pas aux candidats à un emploi privé. Une entreprise privée peut seulement prévoir des restrictions justifiées dans son règlement intérieur.

Piège : « L'employeur choisit qui il veut. » Il choisit selon les compétences, pas selon des critères interdits.

Cas 5 : l'adhésion à un syndicat

Un collègue veut adhérer à un syndicat. Son responsable lui dit que, s'il le fait, il n'aura pas de promotion.

Bonne réaction : le collègue est libre d'adhérer. La menace du responsable est illégale.

Pourquoi : la liberté syndicale est un droit constitutionnel. Chaque salarié peut créer un syndicat, y adhérer ou ne pas y adhérer. Personne ne peut être sanctionné, privé de promotion ou licencié pour cela.

Piège : « Le syndicat est obligatoire. » Faux : adhérer est un choix, dans un sens comme dans l'autre.

Cas 6 : l'arrêt maladie

Vous êtes malade et votre médecin vous donne un arrêt de travail. Votre employeur exige de savoir de quelle maladie vous souffrez.

Bonne réaction : envoyer l'arrêt de travail dans les délais, sans indiquer la maladie.

Pourquoi : le secret médical protège le patient. Le médecin ne communique pas le diagnostic à l'employeur, et le salarié n'a pas à le révéler. Votre devoir est de prévenir et de transmettre l'arrêt à temps.

Piège : « Le médecin doit tout dire à l'employeur. » Faux, sauf exceptions prévues par la loi.

À qui s'adresser en cas de problème au travail ?

L'interlocuteur dépend du problème : l'employeur d'abord, puis l'inspection du travail, les prud'hommes ou le Défenseur des droits.

Problème Interlocuteur
Question sur son contrat ou ses horaires L'employeur, puis les représentants du personnel (CSE)
Non-respect du Code du travail L'inspection du travail
Conflit avec l'employeur (salaire impayé, licenciement) Le conseil de prud'hommes
Discrimination Le Défenseur des droits, ou une plainte
Harcèlement moral ou sexuel L'employeur (qui doit agir), le CSE, la police ou la gendarmerie (c'est un délit)
Recherche d'emploi France Travail

Conseil d'examen : une réponse qui propose de « régler le problème soi-même » par la force, par la vengeance ou en cachette est toujours fausse. Une réponse qui propose de « ne rien faire » l'est aussi, la plupart du temps.

La méthode pour toutes les mises en situation au travail

La méthode tient en quatre étapes, à appliquer avant de cocher une réponse.

  1. Repérez le droit en jeu : salaire, sécurité, égalité, liberté syndicale, vie privée.
  2. Éliminez les réponses illégales : travail au noir, violence, discrimination, sanction d'un droit.
  3. Éliminez la passivité quand un droit est violé.
  4. Choisissez la voie légale : dialogue, puis interlocuteur officiel.

Cette méthode suit la logique décrite dans notre guide sur les mises en situation. Les règles complètes du travail, du logement et de la santé sont dans vivre en France à l'examen civique, et les libertés et interdictions dans droits et devoirs à l'examen civique.

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  2. Pour chaque situation au travail, appliquez la méthode en 4 étapes avant de cocher, puis relisez l'explication.
  3. Travaillez ensuite le thème avec l'entraînement par thème droits et devoirs, inclus dans l'offre Pro.
  4. Si vous préparez la naturalisation, intégrez ces cas dans le Plan de révision examen civique naturalisation en 4 semaines.

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