La mise en situation à l'examen civique est la partie qui inquiète le plus les candidats. Normal : ces questions ne sont publiées nulle part. Le ministère de l'Intérieur publie la liste des questions de connaissance, mais pas les 12 mises en situation. Vous ne pouvez donc pas les apprendre par cœur. La bonne nouvelle, c'est qu'elles ne demandent ni date, ni chiffre : elles demandent de connaître quelques règles simples et de savoir les appliquer.
Cette page explique ce qu'est une mise en situation, sur quels thèmes elle porte, comment la résoudre avec une méthode en quatre étapes, et propose six exemples corrigés. Ces exemples sont rédigés par Civique FR, un outil d'entraînement indépendant : ce ne sont pas des questions officielles et ils ne reproduisent pas l'examen.
Qu'est-ce qu'une mise en situation à l'examen civique ?
Une mise en situation commence par une courte scène de deux ou trois phrases. Un personnage se trouve dans une situation de la vie quotidienne : à la mairie, au travail, à l'école de ses enfants, chez son médecin, dans son immeuble. Puis vient la question : « Que doit-il faire ? », « Est-ce autorisé ? », « Que prévoit la loi ? ». Comme pour les autres questions, il y a quatre propositions et une seule bonne réponse.
Combien de mises en situation à l'examen
L'arrêté du 10 octobre 2025 fixe la répartition des 40 questions. Les mises en situation sont au nombre de 12, réparties ainsi :
| Thème | Questions de connaissance | Mises en situation | Total |
|---|---|---|---|
| Principes et valeurs de la République | 5 | 6 | 11 |
| Droits et devoirs | 5 | 6 | 11 |
| Les trois autres thèmes | 18 | 0 | 18 |
| Total | 28 | 12 | 40 |
Les mises en situation représentent donc 30 % de la note. Un candidat qui les néglige ne peut se permettre presque aucune erreur ailleurs, puisque le seuil est de 32 bonnes réponses sur 40. Le détail du format est sur la page format de l'examen civique.
Le même nombre pour les trois mentions
Carte de séjour pluriannuelle, carte de résident et naturalisation : les trois mentions ont 12 mises en situation. Le niveau attendu monte selon la mention, comme pour le reste du programme, mais les règles de fond (laïcité, égalité, respect de la loi) sont les mêmes pour tous.
À retenir : 12 mises en situation, non publiées, sur deux thèmes seulement. On ne les apprend pas par cœur : on apprend les règles qui permettent de les résoudre.
Les situations qui reviennent le plus
Le référentiel officiel (annexe I de l'arrêté) et les fiches de la formation civique décrivent les notions sur lesquelles portent ces questions. En croisant ces documents, on retrouve toujours les mêmes familles de scènes.
Côté principes et valeurs
- La laïcité dans un service public : un agent public doit rester neutre ; un usager peut exprimer sa religion tant qu'il respecte l'ordre public et le bon fonctionnement du service.
- La laïcité à l'école publique : les élèves ne portent pas de signes religieux ostensibles ; aucun enseignement ne peut être refusé pour une raison religieuse.
- L'égalité entre les femmes et les hommes : au travail, dans le couple, dans l'accès aux droits.
- Les discriminations : refuser un logement, un emploi ou un service à cause de l'origine, du sexe, de la religion, du handicap ou de l'orientation sexuelle.
- La liberté d'expression et ses limites : on peut critiquer, pas injurier, diffamer ou appeler à la haine.
La page laïcité à l'examen civique détaille la règle pour les agents, les usagers et les élèves.
Côté droits et devoirs
- Le respect de la loi : on ne se fait pas justice soi-même ; on s'adresse à la police, à la justice ou au service compétent.
- Les impôts : déclarer ses revenus est obligatoire chaque année.
- L'environnement : jeter ses déchets dans la rue ou déposer un objet encombrant sur le trottoir est interdit.
- Les violences : violences conjugales, violences sur les enfants, harcèlement. La victime et les témoins peuvent et doivent agir.
- L'aide aux personnes en danger : ne pas porter secours quand on le peut sans risque est une infraction.
Pour les règles de fond, voyez la page droits et devoirs.
Comment répondre à une mise en situation : la méthode en 4 étapes
Étape 1 : qui est la personne ?
Un agent public (employé de mairie, enseignant de l'école publique, agent de préfecture, soignant de l'hôpital public) n'a pas les mêmes obligations qu'un usager, un élève ou un salarié d'une entreprise privée. C'est la clé de presque toutes les questions sur la laïcité.
Étape 2 : où se passe la scène ?
Un service public, une école publique, une entreprise privée, la rue, un logement. Le même geste peut être autorisé dans un lieu et interdit dans un autre.
Étape 3 : quel principe est en jeu ?
Laïcité, égalité, non-discrimination, liberté d'expression, sécurité des personnes, respect de la loi, protection de l'enfant. Nommez-le dans votre tête.
Étape 4 : éliminez les mauvaises propositions
Les propositions fausses ont souvent l'un de ces défauts :
| Défaut | Exemple de proposition fausse |
|---|---|
| Elle discrimine | « Il peut refuser parce que la personne est étrangère. » |
| Elle utilise la force ou la menace | « Il récupère lui-même son bien chez le voisin. » |
| Elle ignore le problème | « Ce n'est pas son affaire, il ne fait rien. » |
| Elle fait passer une croyance avant la loi | « La règle religieuse passe avant le règlement. » |
| Elle contourne la loi | « Il peut s'arranger sans le déclarer. » |
Conseil d'examen : lisez d'abord la question, puis la scène. Vous saurez ainsi quel détail chercher. Et méfiez-vous de la proposition qui vous paraît « normale » parce que c'est ainsi que cela se passe ailleurs : seule compte la loi française.
Six exemples de mises en situation corrigés
Les six exemples suivants sont des questions originales d'entraînement rédigées par Civique FR. Ils ont la forme des mises en situation de l'examen, mais ce ne sont pas des questions officielles. Le but est de montrer le raisonnement.
Exemple 1 : un usager à la préfecture (laïcité)
Mme Haddad se présente au guichet de la préfecture pour une démarche. Elle porte un foulard. L'agent lui dit qu'il ne la recevra que si elle l'enlève. Que prévoit la règle ?
- A. L'agent a raison : la laïcité interdit tout signe religieux en préfecture.
- B. Mme Haddad peut garder son foulard : l'obligation de neutralité concerne l'agent, pas l'usager.
- C. Mme Haddad doit demander à être reçue par un agent de la même religion.
- D. La préfecture doit lui proposer un rendez-vous en dehors des heures d'ouverture.
Bonne réponse : B. La neutralité religieuse s'impose aux agents publics, pas aux usagers. Un usager peut exprimer sa religion dans un service public, à condition que son visage reste visible quand on doit vérifier son identité et qu'il respecte le fonctionnement du service. La proposition C est fausse : un usager ne peut pas choisir son agent selon la religion.
Exemple 2 : la recherche d'un logement (égalité)
Sofia, 29 ans, vit seule et visite un appartement. Le propriétaire lui dit qu'il préfère louer à un homme, « plus sérieux pour payer le loyer ». Que dit la loi ?
- A. Le propriétaire choisit librement son locataire, pour n'importe quelle raison.
- B. Sofia doit présenter un garant homme pour être acceptée.
- C. C'est une discrimination fondée sur le sexe, interdite par la loi.
- D. C'est autorisé si le propriétaire l'écrit dans l'annonce.
Bonne réponse : C. Un propriétaire peut demander des justificatifs de revenus, mais il ne peut pas refuser un locataire à cause de son sexe, de son origine ou de sa religion. Sofia peut saisir le Défenseur des droits ou porter plainte. La proposition D est doublement fausse : écrire la discrimination dans une annonce ne la rend pas légale.
Exemple 3 : un cours à l'école publique (laïcité et éducation)
Le fils de M. Petrov, 10 ans, étudie en classe la théorie de l'évolution. M. Petrov écrit à l'enseignante qu'il refuse que son fils assiste à ce cours, car il est contraire à ses croyances. Quelle est la règle ?
- A. L'enseignante doit dispenser l'enfant de ce cours.
- B. Aucun élève ne peut refuser un enseignement pour une raison religieuse : l'enfant doit suivre le cours.
- C. L'enfant peut rester à la maison ce jour-là sans justificatif.
- D. Le père peut demander que le cours soit supprimé pour toute la classe.
Bonne réponse : B. À l'école publique, le contenu des cours est fixé par les programmes nationaux. La Charte de la laïcité à l'École prévoit qu'aucun élève ne peut contester un enseignement en invoquant ses convictions. Les parents peuvent dialoguer avec l'enseignant, mais pas choisir les cours que leur enfant suit.
Exemple 4 : un malaise dans la rue (aide aux personnes en danger)
En sortant du métro, Karim voit un homme âgé tomber et rester au sol sans bouger. Plusieurs personnes passent sans s'arrêter. Que doit faire Karim ?
- A. Continuer son chemin : il n'est pas médecin.
- B. Attendre qu'un policier passe pour le prévenir.
- C. Appeler les secours (15 ou 112) et rester près de la personne si c'est sans danger.
- D. Transporter lui-même l'homme à l'hôpital le plus proche en voiture.
Bonne réponse : C. En France, ne pas porter assistance à une personne en danger, alors qu'on peut le faire sans risque pour soi, est une infraction. Porter assistance ne veut pas dire soigner : appeler le 15 (SAMU) ou le 112 suffit souvent. La proposition D est risquée : déplacer un blessé peut aggraver son état.
Exemple 5 : la déclaration de revenus (impôts)
Lina est arrivée en France l'année dernière et travaille à temps partiel. Une collègue lui dit qu'elle n'a pas besoin de déclarer ses revenus, car elle gagne peu. Que doit faire Lina ?
- A. Ne rien faire : avec de petits revenus, la déclaration est inutile.
- B. Attendre que l'administration lui envoie une amende.
- C. Demander à son employeur de déclarer à sa place, sans rien vérifier.
- D. Déclarer ses revenus chaque année, même si elle ne paie pas d'impôt au final.
Bonne réponse : D. La déclaration de revenus est obligatoire pour toutes les personnes qui résident fiscalement en France, quel que soit le montant. Une personne qui gagne peu peut ne rien payer, mais elle doit déclarer. La déclaration sert aussi à obtenir certaines aides, comme les aides au logement.
Exemple 6 : une critique sur les réseaux sociaux (liberté d'expression)
M. Diop n'est pas d'accord avec un projet de sa commune. Il veut publier un message sur un réseau social pour critiquer la décision du maire. Que peut-il faire ?
- A. Rien : il est interdit de critiquer un élu.
- B. Publier sa critique, à condition de ne pas injurier ni diffamer le maire.
- C. Publier l'adresse personnelle du maire pour que les habitants aillent protester chez lui.
- D. Publier ce qu'il veut, car Internet n'est pas soumis à la loi.
Bonne réponse : B. La liberté d'expression permet de critiquer les décisions des élus, y compris en ligne. Ses limites sont fixées par la loi : l'injure, la diffamation, l'appel à la haine ou à la violence sont interdits, sur Internet comme ailleurs. La proposition C met en danger une personne et peut constituer une infraction.
À retenir : dans les six exemples, la bonne réponse respecte la loi et les droits de chacun. Aucune ne demande de savoir une date : toutes demandent de connaître une règle.
Les pièges propres aux mises en situation
La réponse « gentille » mais fausse
Certaines propositions cherchent à éviter un conflit : céder à une demande discriminante, ne pas déranger un voisin violent, arranger les choses « entre soi ». À l'examen, ce sont presque toujours de mauvaises réponses. La loi demande d'agir, de signaler ou de refuser.
La réponse trop forte
À l'inverse, une proposition qui prévoit une réaction excessive est souvent fausse : licencier immédiatement, frapper, interdire toute religion partout. La laïcité ne supprime pas la liberté religieuse : elle organise la neutralité de l'État.
Le personnage qui change tout
Une même scène peut avoir deux réponses opposées selon le personnage. Une enseignante de l'école publique doit être neutre ; une mère qui vient chercher son enfant ne l'est pas. Une infirmière de l'hôpital public est soumise à la neutralité ; une patiente ne l'est pas. Relisez toujours qui fait quoi.
Comment s'entraîner aux mises en situation
- Apprenez les règles de base avec les fiches mises en situation : principes et valeurs, mises en situation : droits et devoirs et laïcité.
- Faites des séries par thème : les QCM principes et valeurs et droits et devoirs mélangent questions de connaissance et mises en situation.
- Lisez chaque explication, même quand vous avez juste : c'est la règle qui compte, pas la scène.
- Passez des examens blancs complets, où les 12 mises en situation sont mélangées aux autres questions, comme le jour J.
Civique FR a rédigé 1 281 mises en situation originales pour la mention naturalisation et 985 pour la carte de résident (décompte du 19 octobre 2026). Elles s'appuient sur le référentiel officiel, les fiches de la formation civique, la Charte de la laïcité dans les services publics et la Charte de la laïcité à l'École. L'examen blanc n° 1 est gratuit ; la formule Pro donne accès à toutes les autres.
Votre plan de révision
- Testez votre niveau avec le diagnostic gratuit carte de résident, qui contient des mises en situation.
- Relisez la méthode en 4 étapes de cette page et les six exemples corrigés.
- Travaillez les deux thèmes concernés, principes et valeurs puis droits et devoirs, avec les fiches et les QCM par thème.
- Passez l'examen blanc gratuit de 40 questions, dont 12 mises en situation, en 45 minutes.
- Visez au moins 10 mises en situation justes sur 12 avant de réserver votre session.
Questions fréquentes
+Qu'est-ce qu'une mise en situation à l'examen civique ?
C'est une question qui présente un cas concret : une scène au travail, à l'école, dans un service public, dans la rue ou à la maison. Vous devez choisir, parmi quatre propositions, la réaction ou la règle conforme à la loi et aux valeurs de la République.
+Combien de mises en situation y a-t-il à l'examen civique ?
Il y en a 12 sur 40 questions, pour les trois mentions : 6 dans le thème des principes et valeurs de la République et 6 dans le thème des droits et devoirs. Cette répartition est fixée par l'article 3 de l'arrêté du 10 octobre 2025.
+Les mises en situation sont-elles publiées ?
Non. Le ministère publie seulement les questions de connaissance. Les mises en situation sont découvertes le jour de l'examen. Les exemples que vous trouvez en ligne, y compris sur cette page, sont des exemples d'entraînement rédigés par des sites de préparation.
+Sur quels thèmes portent les mises en situation ?
Uniquement sur deux thèmes : les principes et valeurs de la République (laïcité, égalité, liberté d'expression, refus des discriminations) et les droits et devoirs (respect de la loi, impôts, environnement, violences, aide aux personnes en danger).
+Comment trouver la bonne réponse à une mise en situation ?
Repérez qui agit et où se passe la scène, identifiez le principe en jeu, puis éliminez les propositions illégales, discriminantes ou violentes. La bonne réponse respecte la loi, protège les personnes et passe par les autorités compétentes.
+Les mises en situation sont-elles plus difficiles que les autres questions ?
Elles demandent plus de lecture, mais pas de mémoire : il n'y a pas de date ou de chiffre à retenir. Beaucoup de candidats les trouvent plus faciles une fois la méthode comprise. Les erreurs viennent surtout de réponses qui semblent naturelles mais sont contraires à la loi.
+Où s'entraîner aux mises en situation de l'examen civique ?
Les fiches officielles de la formation civique donnent des exemples de situations. Sur Civique FR, chaque examen blanc contient 12 mises en situation originales, et l'examen blanc n° 1 est gratuit pour chaque mention. La formule Pro donne accès à toutes les mises en situation de la banque.
+La réponse la plus prudente est-elle toujours la bonne ?
Non. La bonne réponse est celle qui respecte la loi, pas celle qui évite le conflit. Par exemple, ignorer une discrimination ou une violence par prudence est une mauvaise réponse. Il faut souvent agir : refuser, signaler, appeler les secours ou porter plainte.
Révisez aussi hors ligne sur votre téléphone
L'application Civique FR reprend les mêmes questions, avec l'audio, des explications en 11 langues, une frise historique et la préparation de votre dossier.
À lire ensuite
- Format de l'examen civique : 40 questions, 45 minutes, 32/4040 questions (28 de connaissance, 12 mises en situation), 45 minutes, 32/40 pour réussir : le format exact de l'examen civique 2026, thème par thème.
- La laïcité expliquée pour l'examen civiqueLaïcité à l'examen civique : définition, loi de 1905, neutralité des agents, école, travail, signes religieux. Les règles pour réussir les questions.
- Droits et devoirs en France pour l'examen civiqueDroits fondamentaux, Déclaration de 1789, limites des libertés, impôts, violences, infractions : le thème droits et devoirs de l'examen civique expliqué.
- Valeurs et symboles de la République : ce qu'il faut savoirDevise, drapeau, Marseillaise, Marianne, 14 juillet, article 1er : les valeurs de la République pour l'examen civique, avec dates vérifiées et pièges.
- Questions de l'examen civique : réponses et explicationsQuestions de l'examen civique 2026 : ce que le ministère publie, les 3 listes officielles, les types de questions et comment s'entraîner avec réponses.
- L'examen civique est-il difficile ?32/40 pour réussir, réponses non publiées, 12 mises en situation : pourquoi l'examen civique est exigeant, où sont les pièges et comment les éviter.