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Signe religieux : agent public ou usager, qui a le droit ?

Signe religieux, agent public ou usager : qui doit être neutre, qui est libre ? La règle, les exceptions et 6 mises en situation de l'examen civique.

Rédaction Civique FR · · 6 min de lecture

Signe religieux : agent public ou usager, qui a le droit ?

Une employée de mairie peut-elle porter un foulard au guichet ? Une personne qui vient faire une démarche à la préfecture peut-elle porter une croix ou une kippa ? À l'examen civique, ces scènes reviennent souvent dans les mises en situation sur la laïcité. La réponse dépend d'une seule question : la personne est-elle agent public ou usager ? Cet article explique la règle du signe religieux pour l'agent public et l'usager, puis l'applique à six situations concrètes. Il complète notre guide sur les mises en situation de l'examen civique et notre page la laïcité à l'examen civique.

Pour tester vos réflexes, commencez par le diagnostic gratuit carte de résident. Civique FR est un outil d'entraînement indépendant, sans lien avec le ministère de l'Intérieur.

Un agent public peut-il porter un signe religieux ?

Non : un agent public ne peut pas porter de signe religieux pendant son service, alors qu'un usager du service public est libre d'en porter un. La règle tient en une phrase : l'agent public doit être neutre, l'usager est libre.

C'est la base. L'État est neutre face aux religions : il ne favorise aucune croyance. Comme l'État agit par ses agents, ce sont les agents qui portent cette neutralité. L'usager, lui, n'agit pas au nom de l'État : il garde sa liberté de conscience et peut montrer sa religion, dans les limites de l'ordre public.

À retenir : neutralité = obligation de l'agent. Liberté religieuse = droit de l'usager. Ne confondez jamais les deux.

Qui est agent public, qui est usager ?

Un agent public est une personne qui travaille pour un service public ; un usager est une personne qui utilise ce service. Le tableau donne des exemples.

Agent public (doit être neutre) Usager (est libre)
Employé de mairie, de préfecture, de la CAF Personne qui vient faire une démarche
Enseignant d'une école publique Parent qui vient chercher son enfant
Infirmière ou médecin d'un hôpital public Patient, visiteur
Policier, gendarme Personne qui dépose une plainte
Salarié d'une entreprise privée chargée d'un service public (par exemple un réseau de transport public) Voyageur

Le statut ne change rien : fonctionnaire, contractuel ou stagiaire, l'agent public est tenu à la neutralité. Depuis la loi de 2021 confortant le respect des principes de la République, l'obligation de neutralité s'applique aussi aux salariés des organismes privés à qui l'on confie l'exécution d'un service public.

Ce que la loi exige de l'agent public

La loi exige de l'agent public une neutralité totale pendant son service, au nom du principe de laïcité. Concrètement, pendant son service :

  1. il ne porte aucun signe religieux visible, quel qu'il soit (foulard, croix, kippa, turban…) ;
  2. il n'exprime pas ses convictions religieuses auprès des usagers ;
  3. il traite tous les usagers de la même façon, quelle que soit leur religion ;
  4. il ne fait aucun prosélytisme (il ne cherche pas à convaincre).

Cette règle vaut pour toutes les religions, de la même manière. Elle ne vise pas une croyance en particulier. En dehors de son travail, l'agent redevient un citoyen comme les autres et peut pratiquer sa religion librement.

Ce principe découle de la loi du 9 décembre 1905, qui sépare les Églises et l'État, et de l'article 1er de la Constitution : la France est une République laïque. Il est aujourd'hui écrit dans le Code général de la fonction publique.

Conseil d'examen : si une proposition dit « l'agent peut porter un petit signe discret », c'est faux. La neutralité de l'agent ne dépend pas de la taille du signe.

Un usager peut-il porter un signe religieux dans un service public ?

Oui : l'usager d'un service public est libre de porter un signe religieux et d'exprimer ses convictions. Mais cette liberté a des limites :

  • il ne peut pas cacher son visage dans l'espace public (loi de 2010) ;
  • il doit montrer son visage quand un agent doit vérifier son identité ;
  • il ne peut pas faire de prosélytisme ni troubler le fonctionnement du service ;
  • il ne choisit pas son agent en fonction de sa religion ou de son sexe ;
  • il ne peut pas refuser une règle commune au nom de sa religion.

Le tableau des fiches officielles de la formation civique sur la laïcité reprend cette distinction lieu par lieu.

Le cas à part de l'école publique

L'école publique est la seule grande exception côté « usagers ». Depuis la loi du 15 mars 2004, les élèves des écoles, collèges et lycées publics ne peuvent pas porter de signes religieux ostensibles (qui se voient clairement). La raison : les élèves sont mineurs et doivent être protégés de toute pression.

Attention aux trois nuances :

Personne Règle
Élève d'école, collège ou lycée public Signes ostensibles interdits (loi de 2004)
Étudiant à l'université Libre : c'est un adulte
Parent qui vient à l'école Usager : libre en principe
Enseignant Agent public : neutre

6 mises en situation expliquées

Les six situations suivantes appliquent la règle agent / usager à des lieux différents. Le ministère ne publie pas les mises en situation de l'examen : les cas ci-dessous sont des exemples originaux, construits sur les règles officielles.

Situation 1 : la guichetière de la mairie

Vous allez à la mairie. L'employée au guichet porte un grand pendentif en forme de croix bien visible. Est-ce conforme ? Non. Elle est agent public : elle doit être neutre pendant son service. Le fait que le signe soit chrétien ne change rien.

Situation 2 : l'usager à la préfecture

Un homme qui porte une kippa attend son rendez-vous en préfecture. Un agent lui demande de l'enlever. L'agent a-t-il raison ? Non. L'usager est libre de porter un signe religieux. L'agent n'a pas à lui demander de le retirer.

Situation 3 : le contrôle d'identité

Au guichet, une femme doit retirer son titre de séjour. L'agent doit vérifier que la photo correspond. Elle porte un foulard qui laisse le visage visible. Le foulard ne pose pas de problème : le visage est visible. Si le visage était caché, elle devrait le montrer pour la vérification.

Situation 4 : le choix du médecin

À l'hôpital public, un patient refuse d'être examiné par une femme médecin pour des raisons religieuses. Que faire ? Le patient peut exprimer une préférence, mais l'hôpital organise le service. En urgence, il est soigné par le médecin présent. Refuser un agent à cause de son sexe ou de sa religion n'est pas un droit.

Situation 5 : le collègue à la CAF

Votre collègue, agent d'accueil à la CAF, veut afficher un verset religieux sur son guichet. Non. Un agent ne manifeste pas ses convictions religieuses auprès du public, ni par un signe, ni par un affichage.

Situation 6 : l'entreprise privée

Vous travaillez dans un magasin privé. Votre collègue porte un foulard. Est-ce interdit ? Pas en principe. La neutralité stricte concerne les services publics. Dans une entreprise privée, le règlement intérieur peut limiter les signes religieux seulement pour des raisons justifiées (hygiène, sécurité, bon fonctionnement) et de façon proportionnée. D'autres cas en entreprise sont expliqués dans Mise en situation au travail à l'examen civique : 6 cas expliqués.

À retenir : posez-vous toujours la même question : « Cette personne agit-elle au nom d'un service public ? » Si oui, neutralité. Si non, liberté, avec les limites de l'ordre public.

Méthode en 3 étapes pour répondre vite

La méthode consiste à identifier la personne, le lieu, puis la règle.

  1. Identifiez la personne : agent, usager, élève, salarié du privé ?
  2. Identifiez le lieu : service public, école publique, entreprise privée, rue ?
  3. Appliquez la règle : agent = neutre ; usager = libre ; élève du public = pas de signe ostensible ; salarié du privé = libre sauf règlement justifié.

Cette méthode vaut pour la plupart des questions sur la laïcité. Pour les autres lieux (hôpital, prison, rue), lisez notre guide complet la laïcité à l'examen civique. La note laïcité et toutes les mises en situation sont incluses dans l'offre Pro (tarifs).

Vous visez la carte de résident ? Notre page examen civique carte de résident détaille le format et la répartition des 40 questions.

Votre plan de révision

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  2. Repérez les situations sur la laïcité et vérifiez que vous avez appliqué la règle agent / usager.
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